Adolescent

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L’élève et l’adolescent. Perspectives psychologiques. Pierre Therme Université d’Aix-MarseiIle Faculté des sciences du sport L’élève est-il porteur des singularités de son adolescence ? l’école ? Cette question est un truisme pour l’ensemble des intervenants du système scolaire. Cette évidence n’est aussi que le duplicata du constat des acteurs/parents de ce même système.

Mais s’agit-il pour autant d’un constat de fait, d’une déclaration qui se suffit à elle-même, qui contiendrait dans sa éléments opérationn ien d’une prise en org compte réelle et aut Sni* to View ingularité du sujet le est-elle encore le lieu d’expression de réellement l’élève au centre du syst me qui la constitue de par la loi ? Si effectivement l’élève, ce singulier, occupe une position centrale dans le champ scolaire, ce qui fonde son existence ne peut pas être mis en marge, minoré, voire dans la plupart des cas dénié.

L’existence même de l’élève scolarisé, ce qui est au centre de ses priorités quotldiennes, réside dans les différentes étapes et conflits que suscite son développement. Cette réalité psychologique incontournable est bien souvent niée ar le système scolaire, négation renforcée par les revendications disciplinaires du « tout didactique ». L’écale, et par extension les disciplines d’enseignements, ont développé une théorie implicite du développement

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tranches trimestrielles, et les capacités à acquérir la somme des savoirs compris dans les programmes.

Cette fonction ne supporte donc aucun écart, elle est depuis l’entrée en Cours préparatoire la mesure absolue du développement et donc de la réussite ou de l’échec. Or, il est aujourd’hui des acquis de l’ensemble de la ommunauté scientifique travaillant sur le développement : l’absence de déterminisme précoce, la farte prégnance de l’effet du contexte qui rend toute généralisation caduque, la non linéarité du processus de développement dont les théories sont aujourd’hui « tout au long de la vie », enfin la fluctuation du processus en termes de stabilisation des acquis et de régressions nécessaires.

Autant d’avancées scientifiques que le système scolaire dénie totalement tant au niveau de la formation de ses cadres qu’à celui de l’élaboration des contenus et de leur mise en oeuvre. L’adolescence est une phase cruciale de ce développement, elle est temps de construction de sa personnalité, temps de transition vers une autre structure de soi ponctué par le triptyque crise-rupture et dépassement. (Golse 1989, Lebovici, Diatkine et Soulé 1995).

L’Education Physique et Sportive en général et celle développée dans les projets ZEP en particulier nous offrent un champ d’expérience à partir duquel une réflexion sur l’enseignement pourrait être développée. Effectivement, l’adolescence est avant tout une période longue (12 à 25 ans) de conflit du éveloppement. Elle est au centre de l’activité quotidienne et des préoccupations de l’élève durant toute sa scolarité.

Durant cette période, le corps et ses activités sont au centre du processus d’accès *AGF 9 rif q Durant cette période, le corps et ses activités sont au centre du processus d’accès à l’identité, du « je ». L’adolescence est bien ce temps de remise en cause généralisée des acquis antérieurs, des certitudes et des constructions qui ont ponctué les phases de séparation/individuation de la prermière année (Winnicott, 1971), la période aedipienne de la

INRP, centre Alain savary – Mai 2002 troisième à la cinquième année ainsi que la phase de latence de la sixième à la onzième année. Ces différents stades participent à l’acquisition d’outils de contrôle et de régulations des processus psychologiques. Ces outils sont d’autant plus performants que la stabilité et la qualité de l’environnement humain, l’environnement des pairs comme le décrit Henri Wallon ont été assurées. L’adolescent en difficulté d’adaptation scolaire et sociale est un sujet en voie de construction de ses balises identitaires.

Il est en quête permanente des repères extérieurs à luimême, pouvant l’aider à être soi. Ses priorités, les besoins vitaux immédiats et permanents sont de l’ordre de l’émotionnel et de l’affectif, sont de l’ordre de la nécessaire délimitation du « je ». La priorité dans sa vie quotidienne n’est pas celle de l’activité cognitive, de la mobilisation du canal attentionnel, du respect des attendus comportementaux, relationnels et de langage de l’enseignement et de l’institution scolaire.

L’adolescence entraîne l’individu dans un travail psychique ingulier, travail qui présen l’adolescence confronte le sujet à une série de pertes. Effectivement comme l’ont souligné Anna Freud et Mélanie Klein entre autres, la poussée pubertaire avec l’émergence de la pulsion sexuelle suscite des besoins nouveaux et la fin de la période de quiétude identitaire et corporelle qui a dominé la période de latence. Les transformations somatiques entraînent une instabilité pemanente des repères corporels, une instabilité de l’image du corps.

De plus, l’assignation au sujet d’un sexe et d’un seul, de par ‘apparition des caractères sexuels secondaires, contraint l’adolescent à renouer avec ce sentiment d’omnipotence infantile lié à la « bisexualité potentielle » Ce processus entraînant un « renouement » quasi total de la constitution du soi qui se caractérise par un surinvestissement narcissique peut prendre la forme d’un repliement sur soi pouvant s’exprimer par la mélancolie ou l’agression, les comportements d’exubérance et de toute puissance.

Il est nécessaire de « savoir », en qualité d’enseignant, que ces adolescents en difficulté éveloppent un fort sentiment d’abandon associé à une fragilité narcissique pemanente. Face à ces poussées dépressives, le passage à l’acte hétéro ou auto-agressif, la fuite en avant, la violence, l’irritabilité et les comportements pseudo-caractériels sont des moyens couramment utilisés par l’adolescent pour se défendre de cette souffrance dépressive.

Nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de cette réalité incontournable. Les institutions ont tendance à évacuer les réalités psychologiques des sujets en ma•orant les éléments de la fonction in ce pour quoi elle trouve