150 Fr

150 Fr

Observatoire du Management Alternatif Alternative Management Observatory Fiche de lecture L’économie est une science morale Amartya sen 1999 Elise Juguet Février 2010 Majeure Alternative 2009-2010 Juguet Elise — Fiche d Février 201 morale» — or 17 st une science Cette fiche de lecture a été réalisée dans le cadre du cours « Histoire de la critique » donné par Eve Chiapello et Ludovic François au sein de la Majeure Alternative Management, spécialité de troisième année du programme Grande Ecole d’HEC Paris.

Editeur et ville : La Découverte, Paris Date de parution : 2003 Première date de parution de l’ouvrage : 1999 Résumé : Que signifie l’affirmation du titre de cet ouvrage ? Comment Féthique trouve-t-elle sa place au centre de la réflexion sur l’économie ? Cet ouvrage est third-year HEC Paris business school program. Date of publication: 2003 Editor and city: La Découverte, Paris Date of first publication: 1999 Abstract: What does the title of this book mean? How can ethics be a central piece to economic thought? is book is composed of two essays by Amartya Sen. The first defends the central place of individual freedom in the social choice process, and introduces the oncept of « capabilities » as societal evaluation criteria.

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
The second recalls the need for polltical arbitrage between social spending and financial conservatism, based on dialogue. Amartya Sen proposes a reflexion about the basis in economics, reminding us that it should be thought of as a science serving every one’s well-being.

Key words: economics, ethics, social responsibility, positive freedom, capability Charte Ethique de l’Observatoire du Management Alternatif Les documents de l’observatoire du Management Alternatlf sont publiés sous licence Creative Commons http://creativecommons. org/licenses/by/2. O/fr/ pour promouvoir l’égalité de partage des ressources intellectuelles et le libre accès aux connaissances. L’exactitude, la fiabilité et la validité des renseignements ou opinions diffusés par l’Observatoire du Management Alternatif relèvent de la responsabilité exclusive de leurs auteurs.

Juguet Elise — Fiche de lecture : «L’économie est une science 2 Table des matières PAG » 7 . 4 1. 2. Place de l’ouvrage dans la vie de l’auteur Résumé de l’ouvrage 2. 1. Plan de l’ouvrage.. … 6 2. 2. Principales étapes du raisonnement et principales conclusions — . Commentaires critiques . 12 3. 1. Avis d’autres auteurs sur l’ouvrage…………………………………………………………………. 12 3. 2. Avis de l’auteur de la fiche 13 4. Bibliographie de l’auteur . 15 Références Juguet Élise — Fiche de lecture . «L’économie est une science morale» – Février 2010 1 .

L’auteur et son oeuvre 1 . 1. Brève biographie Amartya Sen est un économiste né en 1933 en Inde. Il fait ses études en Grande Bretagne et une fois obtenu son do mie à Cambridge en diriger l’un des collèges d’Oxbridge. Il est remarqué dès la fin des années 60 pour ses écrits sur la théorie du choix social. En 981, il publie Poverty and Famines: An Essay on Entitlement and Deprivation, un livre dans lequel il démontre que les famines ne sont pas seulement dues au manque de nourriture mais aussi aux inégalités provoquées par les mécanismes de distribution de la nourriture.

Il réalise par la suite de nombreuses études sur l’économie du développement, et révolutionne notamment l’approche des indlcateurs sociaux par le concept de capabilité développé dans son article « Equality of What Il publie également un article particulièrement controversé dans le New York Times, « More Than 100 Million Women Are Missing analysant l’impact ur la mortalité des inégalités de droits entre les hommes et les femmes.

Il constitue une vraie rupture parmi les économistes du 20ème siècle par son soucl de remettre au premier plan la notion de bien-être. Il contribue notamment avec l’économiste pakistanais Mahbub IJI Haq à l’invention de l’Indicateur de Développement Humain (IDH). Amartya Sen participe au débat actuel sur la mondialisation, donnant des conférences pour la Banque Mondiale. Il est par ailleurs président honoraire d’Oxfam. Ses travaux inspirent les gouvernements et institutions internationales.

En 1 998, il reçoit le ? prix Nobel d’économie » pour sa contribution « à restaurer la dimension éthique du débat économique et social en combinant des outils philoso hi ues et économiques PAGFd0F17 inégalités sociales s’explique par son expérience personnelle : ayant grandi en Inde, il fût par exemple témoln à 9 ans de la famine du Bengale de 1943 qui a fait trois millions de morts. 1. 2. Place de l’ouvrage dans la vie de l’auteur L’économie est une science morale est la réunion de deux essais de respectivement 34 et 42 pages, chacun sous divisé en différents opus structurant la progression de la réflexion.

Il onstitue une introduction accessible à l’œuvre d’Amartya Sen. Il a été publié initialement dans la collection « Cahiers Libres » aux éditions de La Découverte. Le premier essai est intitulé « La liberté individuelle, une responsabilité sociale ». Il a été prononcé par Amartya Sen le 5 mars 1990 alors qu’il recevait le prix Agnelli (prix international destiné à promouvoir la réflexion éthique dans les sociétés modernes) à Turln. Originairement publié sous le titre « Libertà individuale come Impegno sociale ce texte est paru pour la première fois en français dans la revue Esprit (mars avril 1991

Le second essai se nomme « Responsabilité sociale et démocratie : l’impératif d’équité et le conservatisme financier II a été publié pour la première fois dans Living as Equals, Clarendon press, Oxford 1996. Les différents opus qui le composent sont le fruit des Eva Colorni Memorial Lectures données par Amartya Sen à la London Guildhall University Les sujets abordés sont des sujets sur les uels a beaucoup travaillé l’épouse d’Amartva Sen, E science morale. – Février 2010 2. Résumé de [‘ouvrage 2*1. Plan de l’ouvrage La liberté individuelle, une responsabilité sociale Idées abstraites et horreurs concrètes

Liberté négative et liberté positive Des famines et des libertés Le calcul utilitariste contre la liberté ? De la liberté par rapport aux moyens de la liberté L’intervention sociale et la nature de la pauvreté Le choix social de la liberté Responsabilité sociale et inégalité Responsabilité sociale et démocratie : l’impératif d’équité et le conservatisme financier Une note personnelle L’héritage de la politique participative en Italie Responsabilité et intérêts conflictuels L’engagement en faveur de l’égalité et la prudence financière La responsabilité sociale dans la société contemporaine

Interdépendance et obligations mutuelles Le développement capitaliste et les responsabilités sociales Questions socialistes et pertinence politique La liberté individuelle comme responsabilité sociale Participation et responsabilité sociale Défense et illustration du conservatisme financier Zones de danger et instabilité dynamique L’extrémisme anti inflation et anti déficit morale» — Février 2010 6 individuelle, une responsabilité sociale Dans cet essai, Amartya Sen se propose de démontrer en quoi il est pertinent de considérer la liberté individuelle comme une responsabilité sociale, et otamment en quoi cette conception est préférable aux conceptions utilitaristes classiques, puis d’expliquer quelles conséquences l’acceptation de ce postulat entraine sur l’évaluation des institutions sociales et de la politique publique.

Il introduit d’abord la différenciation entre liberté positive et liberté négative, effectuée en particulier par Isaiah Berlin. La liberté positive est ce qu’une personne, toutes choses prises en compte, est capable ou incapable d’accomplir. La liberté négative, elle, met au premier plan rabsence d’entraves à la liberté, entraves qu’une personne peut imposer à une autre. Ainsi, une violation de la liberté négative implique forcément un manque de liberté positive, mais on peut manquer de liberté positive même sans entraves ? sa liberté négative. Le courant dit « libertarien » a tendance à ne considérer que la liberté négative.

Or, c’est une vision insuffisante, d’autant plus que les deux aspects sont en réalité imbriqués. Selon Amartya Sen, la société doit être responsable d’assurer à la fois la liberté positive et la liberté négative. 7 Cest ainsi que par exemp 13 u Beneale de 1943 société, l’on se focalise uniquement sur les résultats et que l’évaluation de ces résultats se asse à l’aune d’une unique caractéristique mentale : le plaisir/le déslr. Or, le plaisir/le désir s’adaptent en cas d’inégalités persistantes. par exemple, l’inégalité entre les sexes en Inde est justifiée par le fait que les femmes n’envient pas les hommes et n’aspirent pas à une réforme.

Pourtant, les femmes indiennes sont objectivement moins libres d’agir que les hommes, et lorsqu’une femme parvient à vivre libre, rien n’indique qu’elle accorde mons de valeur à la liberté qu’un homme. Il explique enfin en quoi prendre la liberté individuelle comme critère fondamental permet de surmonter ces distortions. Citant Rawls, il montre pourquoi il est insuffisant de réfléchir en termes de biens premiers : il faut prendre en compte la diversité humaine dans la conversion de ces biens premiers en libertés et centrer les analyses sur les vies réelles. La liberté de mener différentes sortes de vies est ce qu’il nomme la capabilité dune personne. Ainsi, l’organisation sociale doit être choisie en fonction de sa capacité à promouvoir les capabilités humaines.

Ceci implique une différence radicale dans la façon d’aborder l’analyse empirique des inégalités sociales. Faire de la llberté Individuelle une responsabillté sociale implique e choisir comme base d’information les comparaisons entre les libertés dont jouissent différentes personnes. Cette base entrera forcément en conflit avec d’autres principes de décision sociale telles que PAGF valables, mais que le point de vue sera d’abord centré sur la liberté, dans sa conception à la fois positive et négative. Le rôle de l’organisation sociale doit alors être de résoudre les conflits d’intérêt en s’attachant à distribuer les libertés individuelles de la manière la plus juste possible.

La possibilité de créer cette juste organisation sociale dépend de otre représentation de l’Homme comme personne sociale : si, comme le sous-entendent la plupart des théories 8 économiques, l’Homme cherche uniquement à maximiser son propre intérêt, alors la poursuite de la justice sera impossible puisque tout changement sera systématiquement refusé par ceux qui auront quelque chose à y perdre. Mals si l’Homme est également guidé par le souci des autres, par des normes éthiques, alors cela suggère que malgré l’apparition inévitable de conflits d’intérêts, des répartitions plus équitables en matière de libertés individuelles sont possibles. La capacité du public ? faire pression sur les gouvernements par son indignation face aux nouvelles formes de discrimination ou de misère véhiculées par la presse semble corroborer cette hypothèse que les hommes ne sont pas indifférents à ce qui arrive aux autres. Cependant, l’équité vient bien souvent s’opposer à l’efficacité sociale.

L’essai suivant se propose de traiter de l’eni r ces deux aspects en entre responsabilités publiques de la société et nécessité de modération financière. En effet, la responsabilité sociale étendue se heurte à des risques ‘Instabilité financière et de non viabilité économique. Après avoir rappelé son attachement à l’héritage de la politique participative italienne, Amartya Sen montre que la mise en application d’idéaux fondés sur Véquité est toujours problématique, puisqu’elle engendre nécessairement des contradictions : ainsi, une mesure de justice aussi évidente que le relèvement du salaire minimal peut entrainer une contractlon de l’embauche, et donc avoir des effets opposés aux intentions initiales.

Le capitalisme, en augmentant les interdépendances entre les gens et les interactions ociales avec la croissance des échanges commerciaux et des relations sociales, a étendu les responsabilités réciproques. Par ailleurs, en accroissant la prospérité économique, il autorise les Etats à se permettre plus d’obllgatlons sociales. Ainsi, si le socialisme a échoué, les buts et objectifs qu’il poursuivait restent pertinents et sont très peu remis en question . la nécessité d’un Etat providence est reconnue par tous, ce qui est attaqué, ce sont les dépenses publiques qu’entraînent les mesures proposées. Le conservatisme financier est ‘ustifié : autant un déficit public mesuré n’est pas un 17